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samedi 15 août 2009

Mort d'un immense du polar français


Mort de Thierry Jonquet, auteur phare du nouveau polar français


Ses livres étaient jonchés d'enfants brûlés vifs et de femmes défigurées. C'est que pour l'auteur de «Mygale» et des «Orpailleurs», qui se disait hanté par l'histoire des camps depuis son adolescence, le roman noir était «condamné à un concubinage forcé avec la barbarie, cette courtisane au regard torve, aux vilaines manières».

Thierry-Jonquet(c)Baltel-Sipa.jpg



filet
C'était l'un des grands noms du polar français

Thierry Jonquet est mort

Obs

mardi 21 juillet 2009

ERNST von SALOMON



A Berlin, comme à Buenos Aires, la plus forte impression est produite sur Drieu par un écrivain. Ernst von Salomon a écrit Les Réprouvés, histoire de jeunes hommes sortis de la guerre et qui ne trouvent pas leur place dans la société. Est-ce en allemand ce Gilles futur auquel Drieu pense depuis longtemps et dont, de livre en livre, il approche ? Non : pas de salons, pas de brillance érotique ni de vernis littéraire, pas de high society.

Ce romancier mène Drieu à travers le Berlin populaire, le Berlin de l’Alexanderplatz, lieu où les communistes rassemblaient les révoltés et que les chemises brunes comptent récupérer. Le dur Allemand qui marche près du parisien n’a pas le baroque poétique de Borges. Quand ils rentrent dans un café, ce n’est pas pour entendre une guitare aux mains d’un ouvrier. Ici tout est âpre, tendu, rude. Ernst von Salomon a fait six ans de prison pour complicité de meurtre […]. « Ma famille est originaire de France. Après trois ans au secret, on m’a autorisé à recevoir UN livre. J’ai demandé Le rouge et le Noir ».

Drieu écrira à Beloukia : « J’ai passé la soirée avec l’écrivain allemand que j’aime le plus, Ersnt von Salomon, qui a été des années en prison pour avoir participé au meurtre de Rathenau. Il m’a parlé avec beaucoup de franchise et de force. C’est beau de voir un homme au dessus des événements. Il a tout fait pour créer ce régime et il refuse les honneurs : un vrai aristocrate ».

Dominique DESANTI, Drieu La Rochelle, Paris, Flammarion, 1978, p. 317-318.

Merci à ZENTROPA

vendredi 1 février 2008

Promotions dans l'Ordre de la Légion d’Honneur pour 2008:




La légion d’honneur

http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/legion.pdf


“Tous ceux qui m’ont volé sont, au moins, commandeurs de la Légion d’honneur. Autrefois, on pendait les voleurs aux croix. Aujourd’hui, on pend des croix aux voleurs. Et chacun est content. Merveilleux pays que ce pays de France.”

Louis-Ferdinand Céline, Interview avec Jacques Chancel.

“Pour les ravigoter, on remonte les riches, à chaque dix ans, d’un cran dans la Légion d’honneur comme un vieux nichon et les voilà occupés pendant dix ans encore.”

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932. (Merci à FDS)

Mon MAITRE : Albert COSSERY a été fait chevalier de la Légion d'Honneur....celui qui a proposé cette distinction ne doit pas avoir lu un seul de ses livres...et ne connaît pas GOHAR...Voir Albert au J.O...avec la mention (70 ans d'activités professionnelles); c'est tout simplement tordant !!!!



Albert Cossery.

vendredi 23 novembre 2007

Notre ami ERNST



"Il arriva donc que livré à la monotonie matérialiste de ce monde banal, seul en face du rythme inconnu et entraînant d’une vie en apparence complètement insensée et pourtant réglée par un mécanisme inexorable, je recourus d’abord à ce qui autrefois m’avait donné la première notion de l’existence, c'est-à-dire au livre. Avant de m’être mis en route comme le Persifal de la légende, je m’étais construis avec les livres une barrière contre les vicissitudes quotidiennes de mon éducation quelque peu difficile.
Et maintenant à cette heure où tout ce que je voyais et sentais me semblais si pâle et si incolore, l’étalage d’une librairie était pour moi comme un appel secret et pouvait éveiller en moi le désir ardent de ces visions immédiates et éblouissantes que les livres m’avaient toujours apportées avant que j’eusse essayé de suivre mon frère Simplizius Simplicissimus autrement qu’en imagination seulement.

Dans cet étalage se trouvait un peu renfoncé dans un coin et un peu poussiéreux, un livre : Des choses futures. Etrangement ému et attiré par ce titre, j’entrai dans la boutique et j’achetai le livre. Je remontai dans ma mansarde, j’allumai ma dernière grande bougie, je m’assis dans le vieux fauteuil de velours dont j’avais déjà brûlé un pied pour me chauffer, non sans avoir calé le meuble grinçant contre une caisse de grenades et, grelottant, je me mis à lire. Ma lecture se prolongea pendant la nuit entière."

Ernst Von SALOMON, Les réprouvés, (1931), Paris, Plon, 1951, p. 173-174.

mardi 11 septembre 2007

Les Réprouvés !!!

Les éditions Bartillat réeditent LES REPROUVES de l'immense Ernst von Salomon
Les Réprouvés

Les Réprouvés

Origine : allemand

Ernst Von Salomon

ISBN : 2-84100-408-9

Parution : 2007

Prix : 22 €

426 pages

Format : 12,5 x 20

Traducteur : Andhrée Vaillant et Jean Kuckenburg

Prefacier : Michel Tournier

Résumé

Les Réprouvés, récit autobiographique paru en 1930, se situe dans la période troublée des lendemains de la Première Guerre mondiale. Issu d’une famille huguenote, Ernst von Salomon s’engage dès 1918 à la sortie de l’Ecole militaire dans les corps francs qui combattent en Haute-Silésie et dans les pays baltes pour écraser la révolution rouge. En 1922, il est condamné à huit ans de réclusion pour sa participation à l’assassinat de Walther Rathenau. Il sera libéré fin 1927.
Dans Les Réprouvés, il décrit ces mouvements en perpétuelle rébellion contre le gouvernement issu de la défaite, confrontés au vide et au nihilisme lors des premières années de la république de Weimar. Il signe là le témoignage saisissant d’une génération perdue dans le chaos de l’Histoire.

Ernst von Salomon (1902-1972) est l’auteur de plusieurs livres parmi lesquels La Ville (1932), Les Cadets (1933) et le célèbre Questionnaire (1951).

Presse

"(...)Les Réprouvés figure sans conteste parmi les grands romans du XXe siècle. A la fois épopée tragique et fresque historique, ce livre de feu et de cendre brûle toujours d'un sombre éclat et fait pâlir tous les autres ouvrages que cette période shakespearienne a pu susciter. A le lire aujourd'hui, on percevra de surprenantes résonances avec notre époque hantée par le spectre du terrorisme. Car nul mieux qu'Ernst von Salomon n'a su pénétrer et décrire le mystère du nihilisme et l'attirance qu'il exerce sur des esprits fanatiques et désespérés."
Ernst von Salomon et l'horizon du nihilisme
Bruno de Cessole, Valeurs Actuelles, 06/07/2007

Pour le DDF Ernst von Salomon est le héros absolu : lire ici

mardi 4 septembre 2007

MISCELLANEES

MISCELLANEES : (n.f.pl.) recueil composé d'articles et d'études variés. Mélange de littératures.

"Citoyen londonien d’une trentaine d’années, Ben Schott a fait un carton en Grande- Bretagne avec cet étrange recueil de miscellanées. De quoi s’agit-il ? D’un petit bouquin élégant dans lequel il a rassemblé toutes sortes d’informations, schémas et anecdotes sur les sujets les plus loufoques : la liste des travaux d’Hercule, les apparitions d’Hitchcock dans ses propres films, les ingrédients du Big Mac, le code irlandais du duel, les 100 décimales de Pi, l’échelle de dureté des mines de crayon, bref, tout un bric-à-brac pour briller en société et épater vos amis. Drôle, excentrique, futile, bref so british."
Epok, l'Hebdo de la Fnac.

Mot de l'éditeur :

" C'est une bien triste chose que de nos jours, il y ait si peu d'informations inutiles. " Oscar Wilde. " Un couteau suisse en forme de livre. " Elmar Krekeler, Die Welt. " .. vous, Monsieur, vous lisez les livres d'un bout à l'autre ? " Samuel Johnson. " Il n'a appris à lire qu'à moitié, celui qui n'a pas aussi appris l'art encore plus subtil de feuilleter & de sauter des pages. " Arthur Balfour. " Prenez garde à l'homme d'un seul livre. " Saint Thomas d'Aquin. " Si un livre vaut la peine d'être lu, il vaut la peine d'être acheté. " John Ruskin.

Exemples de choses inutiles présentent au coeur du livre : "

LES 6 FEMMES D'HENRI VIII
Catherine d'Aragon - Anne Boleyn - Jane Seymour - Anne de Clèves - Catherine Howard - Catherine Parr
(répudiée, décapitée, décédée, répudiée, décapitée, veuve & rescapée)

PANGRAMMES
Ces phrases que l'on pourrait qualifier d'"holalphabétiques", présentent la particularité de contenir chacune des lettres de l'alphabet. Elles sont spécialement utiles aux typographes pour examiner des polices de caractères.
Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume
Voyez le brick géant que j'examine près de wharf
Zig de l'ex-tramway que je vis bafoué en chapka
Fritz Hemingway, vieux bijou kaléidoscopique
Douze à six au hockey, faut que je me prive au bowling
Zweig modifia le juke-box psychonévrotique
Patchwork de vingt-six, quel job ! Fumez-y !

SEABREEZE
2 vol. de vodka - 3 vol. de jus de canneberges ou d'airelles - 2 vol. de jus de paplemousse - tranche de citron vert
Mélanger les ingrédients avec de la glace pilée et servir dans un grand verre."


LE DDF VOUS RECOMMANDE VIVEMENT LA LECTURE DE CET OVNI LITTERAIRE !!!

Couteau suisse de la littérature, livre inutile et indispensable; improbable et merveilleux...ceux qui n'y trouveront pas d'intérêt sont des petits êtres méprisables !!!

Découvrez une bibliothèque hétéroclite sur le site : Miscellanées

vendredi 13 juillet 2007

A lire...ALCADER et l'ISLAM !

Retrouvez l'entrevue qu'a consacré Monsieur JEAN -MICHEL ALCADER à CIVITAS

Monsieur Jean-Michel ALCADER, auteur du « Vrai visage de l’Islam » figurait parmi les nombreux intervenants prestigieux de cette session. D’origine arabo-musulmane, licencié d'Etat en théologie de l'Institut Pontifical du Caire, spécialiste des questions de civilisation et de linguistique arabes et président de l'association Kyrollos qui vient en aide aux Coptes d'Egypte, Monsieur ALCADER apporte un éclairage nouveau autant que fondamental à l'ensemble de ces questions. Il récuse l'apport moral de cette religion, condamne son matérialisme et fustige son agressif prosélytisme.

AUTOPORTRAIT :

« D'origine arabo-musulmane du côté de mon père c’est toujours avec beaucoup de plaisir que je côtoie ma famille et nombre de mes amis musulmans. Pourtant, j’ai eu l’immense grâce de connaître dès ma jeunesse, « grâce à Dieu » (« el Hamdulillah » dit-on en arabe), le mystère insondable de l’amour du Christ, à travers une éducation chrétienne authentique au sein de l'Eglise catholique. De par mon origine, le désir d'annoncer l'Evangile auprès des musulmans émergea au fur et à mesure des années.

Si mes paroles, au cours de cette étude, paraissent dures à l’égard de l’islam, que les musulmans sachent qu’elles n’enlèvent rien au respect que je leur porte. Il s’agit ici, en effet, de juger des idées, ainsi qu’il est de mon devoir, et non des personnes, que je me dois de respecter. Mais si toute personne est digne de respect, ainsi que nous l’enseigne notre bien-aimé Seigneur et Maître Jésus-Christ, la vérité doit être dite car, comme Il le déclare encore, « elle rend libre » (Jn 8, 32). »


Retrouvez ALCADER ICI



jeudi 28 juin 2007

LA PENSEE SALUTAIRE DE Nicolàs Gomez Dàvila


« Les deux ailes de l’intelligence sont l’érudition et l’amour ».

Nicolás Gómez Dávila














"La liberté à laquelle aspire l’homme moderne n’est pas celle de l’homme libre, mais celle de l’esclave un jour de fête"












Encore des citations superbes tirée de l'oeuvre de ce penseur génial ! :

Plus les problèmes sont graves, plus grand est le nombre d’incapables auxquels la démocratie fait appel pour les résoudre.

Les intellectuels révolutionnaires ont la mission historique d’inventer le vocabulaire et les thèmes de la prochaine tyrannie.






Le révolutionnaire veut changer la donne, le contre-révolutionnaire, le jeu.

Une “société idéale” serait le cimetierre de la grandeur humaine.

Les parlements démocratiques ne sont pas des enceintes où l’on débat, mais où l’absolutisme populaire enregistre ses edits.

Une foule homogène ne réclame pas la liberté. La société hierarchisée n’est pas seulement la seule où l’homme peut être libre, mais aussi la seule où il lui est indispensable de l’être.





Les riches ne sont inoffensifs que là où ils sont exposés au dédain d’une aristocratie.

La féodalité a été fondée sur des sentiments nobles : loyauté, protection, service. Les autres systèmes politiques se fondent sur des sentiments méprisables : égoïsme, convoitise, jalousie, lâcheté.
  • Devant les esprits vraiment grands, nous ne nous sentons pas humiliés, mais mystérieusement en accord.
  • La littérature ne périt pas parce que personne n’écrit, mais quand tout le monde écrit.

Quelques infos sur Wikipédia, et des inédits ici, dans les archives de Philippe Billé, dont on peut visiter avec profit le Journal Documentaire

jeudi 29 mars 2007

HURRAH !! Vive la grande littérature hongroise !!!


DECOUVREZ SANS PLUS ATTENDRE L'IMMENSE SANDOR MARAI ET SON OEUVRE IMPECCABLE DE FINESSE ET DE STYLE !! (voir ici aussi)
















































Pour
prolonger le bonheur de se plonger dans feu l'Empire Austo-Hongrois lisez également les oeuvres inoubliables de l'autrichien JOSEPH ROTH

vendredi 23 mars 2007

Mon médecin traitant !!!!


En consultation ICI

et sur rendez-vous ici




Une petite citation purgative pour la route !

L'amour, c'est l'infini à la portée des caniches. (Voyage au bout de la nuit, 1932)





mercredi 21 mars 2007

Indispensable LEON BLOY !!!

L'OEUVRE de LEON BLOY est à relire ou à lire de toute urgence pour éviter de tomber dans une tiédeur néfaste à tout catholique qui se respecte !!!!!!


LE SANG DU PAUVRE

LEON BLOY

« Le sang du pauvre, c’est l’argent. »

« Il est intolérable à la raison qu’un homme naisse gorgé de biens et qu’un autre naisse au fond d’un trou à fumier. Le Verbe de Dieu est venu dans une étable, en haine du Monde, les enfants le savent, et tous les sophismes des démons ne changeront rien à ce mystère que la joie du riche a pour substance la douleur du pauvre. Quand on ne comprend pas cela, on est sot pour le temps et pour l’éternité ! »

« Nulla discreto inter cadavera mortuorum nisi forte quod gravius foetent divitum corpora, luxuria distenta. »

[Nulle différence entre les corps des morts sinon, peut-être, que ceux des riches sentent plus mauvais, gonflés qu’ils sont de leurs excès.] Saint Ambroise.


Extrait du livre:

La croix de misère
"Le sang du pauvre", Léon Bloy, chap. 2

La Pauvreté groupe les hommes, la Misère les isole, parce que la pauvreté est de Jésus, la misère du Saint-Esprit.

La Pauvreté est le Relatif, - privation du superflu. La Misère est l'Absolu, - privation du nécessaire.

La Pauvreté est crucifiée, la Misère est la Croix elle-même. Jésus portant la Croix. c'est la Pauvreté portant la Misère. Jésus en croix. c'est la Pauvreté saignant sur la Misère.

Ceux d'entre les riches qui ne sont pas exactement des réprouvés peuvent comprendre la pauvreté, puisqu'ils sont eux-mêmes des pauvres, en un sens; ils ne peuvent pas comprendre la misère. Capables de l'aumône, peut-être, incapables du dépouillement, ils s'attendriront en belle musique, sur Jésus souffrant, mais sa Croix leur fera horreur, la réalité de sa Croix ! II la leur faut toute en lumière et toute en or, somptueuse et légère. agréable à voir sur une belle gorge de femme.

Prêtres élégants, éloignez d'eux le lit d'amour de Jésus-Christ, la croix misérable, infiniment douloureuse, plantée su milieu d'un charnier de criminels, parmi les ordures et les puanteurs, la vraie Croix simplement hideuse, bonnement infâme, atroce, ignominieuse, parricide, matricide, infanticide; la croix du renoncement absolu, de l'abandon et du reniement à jamais de tous ceux, quels qu'ils soient, qui n'en veulent pas; la croix du jeûne exténuant, de l'immolation des sens, du deuil de tout ce qui peut consoler; la croix du feu, de l'huile bouillante, du plomb fondu, de la lapidation, de la noyade, de l'écorchement, de l'écartellement. de l'intercision, de la dévoration par les animaux féroces, de toutes les tortures imaginées par les bâtards des démons... La Croix noire et basse, au centre d'un désert de peur aussi vaste que le monde; non plus lumineuse comme dans les images des enfants, mais accablée sous un ciel sombre que n'éclaire pas même la foudre, l'effrayante croix de la Déréliction du Fils de Dieu, la Croix de Misère!

Si ces maudits se contentaient de n'en pas vouloir! Mais ils prétendent qu'elle n'est pas pour eux, se prévalant de leur argent, qui est le Très-Précieux Sang du Christ, pour y envoyer à leur place le troupeau des pauvres qu'ils ont saignés et désespérés !

Et ils osent parler de charité, prononcer le mot Charité qui est le Nom même de la Troisième Personne divine ! Prostitution des mots à faire peur au diable ! Cette belle daine, qui n'a pas même la loyauté de livrer son corps aux malheureux qu'elle attise, ira, ce soir, montrer tout ce qu'elle pourra de sa blanche viande à sépulcre où frémissent des bijoux pareils à des vers et la faire adorer à des imbéciles, en des fêtes prétendues de charité, à l'occasion de quelque sinistre, pour engraisser un peu plus les requins ou les naufrageurs. La richesse dite chrétienne éjaculant sur la misère !

Dieu souffre tout cela jusqu'à ce soir, qui pourrait être le "Grand Soir", comme disent les nourrissons de l'Anarchie. Cependant il fait jour encore. Il n'est que trois heures, c'est l'heure de l'immolation du Pauvre. Les esclaves des mines et des usines travaillent encore. Des millions de bras agissent péniblement sur toute la terre pour la jouissance de quelques hommes et les millions d'âmes, étouffées par l'angoisse de ce labeur, continuent à ne pas savoir qu'il y a un Dieu pour bénir ceux qui les écrasent : le Dieu des luxures et des élégances. dont "le joug est suave et le fardeau si léger" pour les oppresseurs.

C'est vrai qu'il y a des refuges - l'ivrognerie, la prostitution des corps, le suicide ou la folie. Pourquoi la danse ne continuerait-elle pas ?

Mais il n'y a pas de refuge pour l'Indignation de Dieu. C'est une fille hagarde et pleine de faim à qui toutes les portes sont refusées. une vraie fille du désert que nul ne connaît. Les lions au milieu desquels elle a été enfantée sont morts, tués en trahison par la famine et par la vermine. Elle s'est tordue devant tous les seuils, suppliant qu'on l'hébergeât, et il ne s'est jamais trouvé personne pour avoir pitié de l'Indignation de Dieu.

Elle est belle, pourtant, mais inséductible et infatigable et elle fait si peur que la terre tremble quand elle passe. L'Indignation de Dieu est en guenilles et n'a presque ren pour cacher sa nudité. Elle va pieds nus, elle est toute en sang et, depuis soixante-trois ans, - cela est terrible - elle n'a plus de larmes ! Ses yeux sont des gouffres sombres et sa bouche ne profère plus une parole. Quand elle rencontre un prêtre, elle devient plus pâle et plus silencieuse, car les prêtres la condamnent, la trouvant mal vêtue, excessive et peu charitable. Elle sait si bien que tout est inutile désormais ! Elle a pris quelquefois des petits enfants dans ses bras, les offrant au monde, et le monde a jeté ces innocents dans les ordures en lui disant:

- Tu es trop libre pour me plaire ! J'ai des lois, des gendarmes, des huissiers, des propriétaires ! Tu deviendras une fille soumise et tu paieras ton terme.

- Mon terme est proche et je le paierai fort exactement, a répondu l'Indignation de Dieu.

Léon Bloy, 1909





Léon Bloy /
ICI AUSSI









Présentation de l'éditeur
Obtenir enfin le mutisme du Bourgeois, quel rêve ! L'entreprise, je le sais bien, doit paraître fort insensée. Cependant je ne désespère pas de la démontrer d'une exécution facile et même agréable. Le vrai Bourgeois, c'est-à-dire, l'homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou parait vivre sans avoir été sollicité, un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit, est nécessairement borné dans son langage à un très petit nombre de formules. Le répertoire des locutions patrimoniales qui lui suffisent est extrêmement exigu. Ah ! Si on était assez béni pour lui ravir cet humble trésor, un paradisiaque silence tomberait aussitôt sur notre globe consolé ! Léon Bloy L'invective systématique, maniée sans aucune limite d'objets, constitue d'une certaine façon une expérience radicale du langage : le bonheur de l'invective n'est qu'une variété de ce bonheur d'expression, que Maurice Blanchot ajustement retourné en expression du bonheur. Roland Barthes. Léon Bloy, collectionneur de haines, dans son musée bien rempli, n'a pas exclu la bourgeoisie française. Jorge Luis Borges. Exégèse des Lieux Communs est une couvre grandiose. Walter Benjamin







Page spéciale sur LEON BLOY

mercredi 29 novembre 2006

Faut-il lire les Bienveillantes ?

Après avoir lu Les Bienveillantes dès sa parution, d’une traite et de la première à la dernière page, je puise ma légitimité à vous en parler de la quasi absence de critiques en tout genre qui couraient quand j’ai ouvert ce gentil pavé…les prix sont tombés, les critiques en tout genre pleuvent…Il fallait que je vous parle franchement !

Depuis que l’académie Goncourt a commis l’irréparable erreur d’attribuer son prix au roman Les loups de Guy Mazeline aux dépends du Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline en 1932, cette dernière ne possède plus de légitimité pour distribuer les bons points de la littérature française. D’ailleurs, pour être très franc, cette institution, comme les autres distributeurs patentés de prix automnaux, ont-ils jamais bénéficié de la moindre légitimité ? Depuis leur fondation, le microcosme littéraire et journalistique s’entend sur les manipulations et les ententes frauduleuses en tout genre au point que la littérature et ce qu’il en reste aujourd’hui n’est plus que l’alibi présentable de petits intérêts mercantiles.

Tout le monde publie, surtout les médiocres, et les boutiquiers des lettres se frottent les mains. Le consommateur achète et lit ce qu’on lui dit d’acheter et de lire. Une cohorte de crétins va donc se voir offrir à Noël les bienveillantes le premier roman de Johnatan Littel (paru chez Gallimard) et déjà couronné par le prix du roman de l’Académie française et le prix Goncourt !!

Le problème, justement, de notre société de consommation c’est que des crétins offrent à d’autres crétins le « prix Goncourt » tous les ans à Noël !

LES BIENVEILLANTES est un roman qui mérite d’être lu par autre chose que des beaufs avinés repus d’huîtres et de foies gras !

Pourquoi s’en faire ? Me direz-vous ? Vous avez sans doute raison après tout, car avec un livre de 910 pages entre les mains on peut raisonnablement penser que le beauf retournera rapidement à ses sous-lectures habituelles ( Marc Lévy, Amélie Notomb, …)

Rassurons tout de suite les âmes sensibles

Le héros, Dr Max AUE est nazi ! Horreur, le mot est lâché. Ce n’est pas pour autant un dieu aryen, blond, grand et endurant…etc. Non, il est de taille moyenne, brun et juriste. Il gravira les échelons hiérarchiques de la SS en faisant une très honorable carrière de fonctionnaire et en participant activement à la mise en place de la politique de « solution finale de la question juive ».

Comme un héros de roman, même nazi, risque toutefois d’attirer la sympathie du lecteur, le romancier n’a pas lésiné pour nous le rendre tout de suite moins agréable.

Le héros est homosexuel (on retrouve là une vieille psychanalyse de comptoir sur les liens entre la barbarie nazie, l’homosexualité ou une sexualité dérangée !) mais comme il vaut mieux prendre des précautions avec tous les malades qui circulent en liberté, le bon Dr Max AUE est également parricide et incestueux, il a un faible pour la boisson, vomit très régulièrement à cause de troubles gastriques ou intestinaux importants (à moins bien entendu qu’il ne s’agisse du tourment que ses actes ignobles lui infligent très justement) et last but not least nous gratifie trop souvent de ses rêves érotico-scatologico-burlesques. Paré de tous ses défauts, le héros est enfin présentable à nos yeux de lecteurs sensibles…la chose est entendue nous sommes priés de détester le héros et le nazisme…l’honneur est sauf.

L’enjeu du livre, vu de la critique

Car tout l’enjeu de la critique se situe dans cette question : Peut-on faire un roman sur la politique d’extermination mise en œuvre par les nazis et de surcroît se placer dans la peau d’un ancien SS qui nous raconte sa vie ?

Les lettres françaises sont à l’image de notre société vermoulue, tout le monde peut parler de tout, dire n’importe quoi et prôner les plus abjectes idées, mais il est un tabou absolu, le nazisme et par extension facile les gens de droite !

Johnatan Littel nous a bien dit que s’il n’en faisait pas étendard il était quand même juif, ce qui a rassuré à peu près tout le monde sauf les plus enragés des critiques qui pensent qu’un livre pareil peu quand même donner des idées à un malade (il faudrait, je pense, supprimer les livres d’histoire…notre démocratie radieuse est malheureusement encore imparfaite !!). L’écrivain peut écrire, le héros peut agir…à vous de lire !!

L’intérêt du livre

Le grand intérêt de ce livre, outre sa qualité littéraire indéniable, réside dans la formidable plongée qu’il nous permet de réaliser dans l’administration du IIIème Reich autant d’ailleurs dans les bureaux, dans les alcôves et les villas que sur les théâtres d’opération en Russie ou ailleurs. L’autre intérêt du livre (et c’est ici que les critiques sont déboussolés) est que le héros reconnaît sa culpabilité mais aussi celle de tout un chacun de Himmler au chef de gare en passant par le balayeur, ou le maçon dès lors que quelqu’un a eu à connaître de la mise en œuvre de la « solution finale de la question juive ». Evidemment, cela remet un peu en cause la validité du procès de Nuremberg dans la mesure où ce dernier s’est attacher à faire tomber des têtes emblématiques alors que des milliers de salauds restaient libres….mais cela est une autre histoire…